Des Canaries au Cap-Vert

Des Canaries au Cap-Vert

Jour 1

Départ le mardi 9 novembre entre 11h et 11h30 du port de El Hierro. Nous avons dû décaler notre départ , le temps de l’arrivée de l’agent de police pour régulariser les démarches administratives de sortie. Son attente a été longue, mais au final l’agent nous a fait cadeau de deux nuits au port, pour quelle raison, je pense sa bonté, ou sa bonne humeur du jour.
Nous avons assisté au départ de chaque bateau, tout d’abord, Sauve qui peut, ensuite Mayero, Ciercé et Escapade.
Le départ a été plutôt désagréable, des restes de vagues et pas de vent, on s’est fait ballotter. On n’a trouvé un peu de vent qu’en milieu d’après-midi, une fois sous spi, nous avons pu savourer un peu.


Première nuit : Vent AR 14 nœuds, vitesse 6, 7 nœuds, le capitaine prend la
décision , après point sur le routage et le fichier météo de laisser le spi pour la nuit. Zut je ne suis pas très à l’aise avec le spi, c’est une voile plus difficile à barrer. Je prends le temps de me mettre au clair sur les manœuvres à faire dans telle ou telle hypothèse. J’ai pu suivre les manœuvres d’Escapade avec l’AIS, il est passé juste derrière nous à 1 mille. Finalement nous avons eu du vent pas très stable et des pointes à 18, 20 nœuds au petit matin. Malgré les consignes j’ai réveillé trois fois le capitaine. Au petit
matin on enlève le spi, et on tangonne le génois, le capitaine va pouvoir se
reposer un peu.
Cette nuit je pense à vous les filles, Lucie, Gaëlle, savoir comment vous allez, si vous aussi votre angoisse de l’avant du départ est restée sur le quai, car pour moi une fois les amarres larguées, c’est un rythme différent qui reprend, on hisse les voiles, les réglages et hop c’est parti, cela fait même du bien de prendre le large.

Jour 2


Mercredi 10 novembre
La navigation se fait bien entendu au rythme du vent, on met, on enlève, on remet le Spi. Chacun participe, avec chacun ses responsabilités. Noam est responsable du Alba de Spi, Nael du Bras et Nora de l’écoute et la drisse. Cela nous permet d’être tous les deux à l’avant pour hisser ou affaler le Spi comme il le faut.
A 11H nous avons parcouru 140 milles, en 24H. Nous échangeons avec Escapade à la VHF canal 72. Chacun échange sur les conditions de météo et les choix de voiles. Aujourd’hui, ils ont vu deux baleines et des dauphins, et nous rien.
La journée se passe bien, chacun semble se sentir bien et trouver son équilibre.
Lorsque nous ne sommes pas sous Spi le bateau gîte un peu plus. Nous
réussirons à nous mettre aux devoirs. Noam a préparé l’écrit d’un mail, que nous n’avons pas réussi à envoyer avec l’Iridium. Nora s’est installée tranquillement à la table à carte, autonome comme d’habitude elle a fait son programme. Nael a fait quelques exercices de math, tranquillou. Une fois que l’on sent qu’il est temps de ressortir un petit cours d’anglais à l’extérieur. Ce qui ne les empêchera pas de regarder un dessin animé par la suite. Et lecture pour les grands.
Finalement c’est plutôt reposant les navigations hauturières.


Deuxième nuit : Nous sommes avec un vent AR de 14, 15 nœuds, on est avec la GV et le génois tangonné, cette posture est mieux pour la nuit. enfin plus prudente au cas où ça forcit un peu trop..
Changement dans l’organisation des quarts, je serai la première, petit rappel sur la manière d’agir avec le génois tangonné, nuit éclairée par la demi lune et les étoiles et pas trop de vent. Il ne se passe pas grand chose, donc j’arrive un peu à lire et à écrire.

Jour 3 : Une journée mémorable


Une journée mémorable. Journée plutôt belle, on fait de plus en plus de trucs, cuisine, lessive, devoirs… Au niveau de la navigation nous sommes sous génois tangonné avec 15 18 nœuds.
Le matin nous avons reçu un sms de Thierry pour nous donner la position du premier bateau de la Jacques Vabre. Je n’ai pas fait de probabilités, mais les chances de pouvoir croiser un des bateaux de la transat étaient faibles.
Mais à notre grand bonheur vers 13H à 6 Milles derrière nous nous avons vu un mât.; Aux jumelles et sur l’AIS nous découvrons le bateau de Gitana, il va à 31 kts. Nous étions tous excités de le voir. On se dépêche de se mettre sur le canal 16 et au grand plaisir de tous nous avons pu discuter avec eux. Petit souvenir en vidéo de la discussion VHF avec Nora.
Pour la photo malheureusement il est passé trop vite et un peu trop loin.


Nuit : changement de cap, aux manœuvres avant la nuit, changement d’amures. Vent établi entre 15 à 18 nœuds. Les quarts sont l’occasion pour moi de lire dans le calme, car on ne voit pas grand chose, mais on reste en veille.

retrouvez ci dessous le lien pour écouter l’échange VHF entre Nora et Charles Caudrelier

Retrouvez ci dessous un lien pour découvrir l’article de Franck Camma et Charles Caudrelier sur Gitana 17

https://www.ouest-france.fr/sport/voile/transat-jacques-vabre/transat-jacques-vabre-caudrelier-et-cammas-se-livrent-sur-la-plus-grosse-frayeur-de-leur-vie-6dd3c3d2-4540-11ec-9d76-237638043565?utm_source=sendinblue_of_newsletter-voile&mgo_eu=&mgo_l=0y4f1vTATiOwlmz4BcChrg.6.0&utm_content=20211114&utm_campaign=of_newsletter-voile&utm_medium=email&utm_term=844004&vid=2075881&mediego_euid=2075881

Jour 4

Je crois que tout le monde a trouvé son rythme, RE : un peu de devoirs, un peu de messages sms et mail via le satellite, et aussi rangement du bateau car c’était un peu Beyrouth.


Nous avons vu aujourd’hui des orques, enfin quelque chose qui y ressemble. Pas de photos, ils étaient un peu loin, et c’était mieux comme ça.
A 15H00, il nous reste 162 milles, arrivée prévue dimanche 14 novembre à
20H40, je me surprends à dire que c’est dommage, je ne suis pas pressée
d’arriver. Je ne peux pas vraiment expliquer, mais on est bien, les conditions sont bonnes, nous avons un bon rythme et c’est bien agréable. Bon en même temps quand il y a une petite pointe, et que j’ai l’impression que le bateau va partir au lof, je revois ma position.
Soirée crêpes ce soir, le frigo est presque vide déjà, et la pêche ne donne rien on a juste failli pêcher une ribambelle de goélands intéressés par le leurre en surface.
Des nouvelles d’Escapade et de Ciercé, ils ne sont pas très loin l’un de l’autre, il leur reste 200 milles.
Nuit : Pour la dernière de cette traversée, nous avons eu une nuit super éclairée, la lune est presque entière, elle se couche vers 5H du mat. Nous sommes restés sous spi, les conditions météo devaient faiblir. Finalement, nous avons toujours eu entre 12 et 14 nœuds de vent.
Nora a fait un quart de 7H40 à 8H40 et Nael a pris le relais pendant 40 minutes,
Merci les Jeunes. Toutefois, difficile de dormir avec Noam qui est réveillé.

Jour 5

Ça sent la dernière, finalement le vent n’a pas baissé comme prévu on avance
toujours sous spi avec 13 nœuds de vent et on est à peu près à 7, 8 nœuds de
vitesse. Belle moyenne, nous sommes donc en avance sur le routage et nous
allons arriver de jour vers 15H.
On est arrivé au mouillage à côté de nawaks. On a mis 5 jours et 5H à Mindelo sur l’Ile de Sao Vicente. Nous avons mouillé juste devant le Port. On retrouve Nawaks juste devant nous et il y a beaucoup de Monde et beaucoup de Français.


Les Quarts

C’est-à-dire notre veille, la nuit. A tour de rôle, Stéphane et moi restons en veille pour surveiller le bateau, sa direction, l’orientation du vent, le cap et les dangers éventuels autour. On fait un changement toutes les deux ou trois heures en commençant vers 22H, car le soir tombe vite. On est équipé d’un minuteur pour nous réveiller en cas de somnolence.
Pendant les temps de veille, on peut observer les étoiles, indispensable il faut qu’on télécharge l’appli, avec toutes ces minutes passées à les observer il y aurait moyen d’en connaître un peu plus.
On ne parle pas des quarts de repos, mais pourtant parfois on lutte en les
attendant, et quand vient son tour plus moyen de s’endormir, on est en état d’éveil et ça bouge à l’avant, surtout sous spi. Les bruits sont intensifiés à l’intérieur donc finalement quand arrive ce quart de repos, il n’est pas toujours bien mis à profit.
Mais globalement on arrive à se caler et les journées ne sont pas fatigantes.
GRAND MERCI A NOTRE PILOTE eh oui j’ai oublié un équipier très important LE PILOTE.

Les Routages

C’est Stéphane, l’expert et attention il veille toujours à faire la meilleure route, il optimise selon l’orientation du vent..Un fichier météo peut être lourd à télécharger et prend un peu de temps. Même si le routage nous emmène parfois un peu loin de l’objectif .

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