DU CAP VERT AUX ANTILLES: LA MARTINIQUE
Départ le samedi 4 décembre à 15h30 de Santo Antao, île la plus à l’Ouest du Cap Vert..
Qu’est ce que j’imaginais dans mon for intérieur :
Après avoir fait plusieurs traversées de longues distances, la durée prévue entre 15 et 20 jours ne m’inquiétait pas. J’avais vraiment écarté de mon idée la longueur et la peur de l’ennui. Finalement on s’occupe assez facilement et naturellement, lecture, école, préparation des repas, jeux, manœuvres de bord….
Au niveau des manœuvres, je trouve cela même plus facile, il n’y a pas énormément de changements, on se retrouve souvent avec un vent arrière, voire de travers mais quelques réglages d’ajustements , ou de changements de voilures mais sur la longueur rien d’extraordinaire.
J’abordais cette traversée avec sérénité et me sentais parée,
Dans le vrai :
Elle ne se passa pas du tout comme je l’imaginais, tranquille. Je vais résumer cette traversée en deux temps, la première et la deuxième semaine.
La première semaine :
Nous commençons avec une fenêtre météo qui nous annonce du vent de travers, puis portant à 25 nœuds et des vagues avec 3 mètres de creux.. Dès la première nuit, on a un bon 30 nœuds d’établi. Nous avons la GV avec deux ris et le génois avec plusieurs tours, dès le lendemain, nous abandonnons la GV. Pour ne naviguer qu’avec le génois, pour retrouver un peu de confort.
La première journée a planté le décor pour la semaine, plusieurs fois avec des vagues d’une hauteur de 3 mètres, qui nous surprennent et réussissent à pénétrer à l’intérieur. La houle croisée et de face, nous fait valser de droite à gauche ou de gauche à droite.
Sur le moment il est difficile d’imaginer 15 jours comme cela, en équilibre. Au début, on s’en amuse un peu, qui est capable de faire des trucs dans ce mouvement permanent mais c’est assez fatiguant. Les nuits ne sont pas mieux, le vent se lève toujours un peu plus, bien qu’il ne soit pas très calme dans la journée. La nuit, les bruits sont multipliés à l’intérieur et ça bouge dans tous les sens. On se croirait à la Saint Ouine dans un manège à sensation, le souci c’est qu’il ne s’arrête pas.
Dans ces moments là impossible de faire l’impasse sur la longueur du trajet et même de penser au retour qui est légèrement un peu plus long jusqu’aux Açores. Sachant en plus que les conditions sont bien moins stables sur le retour.
Mais bon on est là, maintenant il faut prendre son mal en patience, et s’habituer. Rassurons nous personne n’est malade et personne ne se plaint, c’est juste inconfortable.
Semaine 2 :
Le vent a légèrement baissé pendant deux jours, nous étions avec 20, 25 nœuds de vent, arrière. nous avons navigué avec le génois et la trinquette, mais cette configuration n’a pas été confortable très longtemps car le vent a à nouveau forci. c’est seulement les 4 derniers jours où nous avons pu la remettre cette combinaison de voiles et avancer en moyenne à 7 nœuds. Les vagues nous ont lâchés un peu et de manière progressive. Quelques plats à terre, mais rien de comparable. Enfin, nous voilà bien on peut reprendre un peu plus d’activités et apprécier notre croisière.
Nous voilà déjà en rupture de fruits, ils mûrissent trop vite et s’abîment. La pêche quant à elle n’est pas toujours facile il y a pas mal de loupés, même si à l’arrivée du poisson, nous sommes tous au taquet et chacun aux manœuvres, on enroule le génois, on met le moteur en marche arrière, on prépare le harpon et le whisky pour réduire les souffrances du poisson.
Au total deux belles dorades coryphènes.
Et nous avons pu nous faire plaisir à la lecture, 4 livres pour moi et j’attaque un nouveau eh oui cadeau d’anniversaire j’ai fêté mes 48 ans à 100 milles de l’arrivée.
Autrement nous n’avons pas vu grand chose, presque pas de dauphins et pas de baleine. Mais un cargo de très près et un bateau abandonné.
Tout le long du parcours il y a eu aussi tous ces bons moments pour lesquels nous sommes là :
les petits réveils en famille, les quarts, la pêche et ses loupés, le calme, la solitude, la mer………………..
Mais en vrai, même si ce n’était pas confortable, c’était quand même chouette de se retrouver au milieu de l’atlantique et de voir les milles défiler progressivement.





Comments (2)
Coucou
Ça n’a pas donné envie à Mado ,passez de bonnes fêtes au soleil,on pense bien à vous
Salut à vous, je comprends, mais qu’elle regarde la traversée des canaries au cap vert, elle est beaucoup mieux. Bisous à vous et bonne année