De Saint-Martin aux Acores
Depuis quelques jours nous regardons les fichiers météo et faisons des simulations de départ.
Une fenêtre semble s’ouvrir aux alentours du 1er mai. Pour nous, nous fixons la date au jeudi 5 mai. Escapade, Jean louis René seront de la partie. Fils du vent suivra dimanche.
Meltem et Aria ont pris la route le mardi 3 mai. Et bien d’autres partent d’ailleurs Thierry, Pascal, Sauve Qui Peut partent de la Guadeloupe. Et Mayero, eux attendent le 15 mai, ils profitent encore des Antilles et de leurs amis qui sont venus leur rendre visite
Mercredi 4 mai :
– dernier point météo et routage sur Hélios
– et on poursuit la liste des préparatifs à faire pour le départ, pendant ce temps les enfants s’éclatent sur les paddles, bataille en vue.
– Sans oublier l’Apéro au Fort de Saint Martin
Jeudi 5 mai 2022
– 8h départ de Jean Louis René
– 11h30 départ d’Escapade
– 12h Stéphane n’est toujours pas rentré, il est allé récupérer les hélices de l’hydrogénérateur. Bon on prend du retard, mon objectif est un départ au plus tard pour 13h30, c ‘est râpé, on doit encore passer à la pharmacie et chez le traiteur et le boulanger.
Bon de retour à 15h30, il faut encore dégonfler l’annexe et refaire un dernier routage.
– 16H départ pour l’île de Tintamarre, cela nous avancera un peu et on est presque parti.
Vendredi 6 mai, 6h30, le départ est lancé
17 nœuds, vent de nord-est. On commence par 10 milles de près. On abat ensuite un peu pour du bon plein. Les vagues sont courtes mais pas trop formées. Nous naviguons la journée ainsi. Navigation sous GV et trinquette ou génois
Nora et Nael ont eu le droit chacun a un vomito, voir deux pour nael.
La nuit nous prenons une option différente après avoir remis la trinquette, nous tentons de faire une route plus serrée et refaisons du près.
Samedi 7 mai
Au petit matin, après un nouveau routage, Stéphane refait une route avec une allure plutôt au bon plein, travers. Cela est plus confortable. Nael s’est réveillé d’attaque pour son quart, au bout d’une bonne heure, le mal de mer lui revient. Mais c’est un bon malade, un vomito et on n’en parle plus.
Nous avons environ 15 nœuds de vent, et allons à une vitesse de 6 nœuds. Nous gardons cette allure pour la journée. C’est au tour du capitaine d’être malade. Il a dormi toute la journée.
Pendant la nuit nous avons perdu presque la totalité de notre panier de fruits, installé à l’arrière du bateau sous les panneaux solaires. Pas cool, heureusement j’en ai encore ailleurs mais nous avons perdu une semaine de fruits, c’était déjà juste à la première traversée, je pensais avoir mieux anticipé nos provisions, c’était sans compter cette mésaventure.
Dimanche 8 mai :
Nora et Nael se sont réveillés tout seuls et font leur quart dans un grand silence. Nael a pris l’habitude de marchander avec sa sœur, il lui propose de lui prendre son quart contre des pancakes. Ce qui convient bien à Nora.
Journée très agréable. On est au travers avec GV et génois sous 12 nœuds de vent. On avance en moyenne à 6 nœuds.
Dans l’après midi, on trouve du temps pour jouer tous ensemble aux cartes, au pendu, le vote est « Le président »
Lundi 9 mai:
Les enfants ont pris le rythme dans le calme qui règne dans le bateau, je vois la petite tête de Nael devant le cockpit en train de vérifier l’absence de bateaux autour de nous.
Rebelote, nouvelle tournée de pancakes.
Navigation sous 10 nœuds de vent ce matin, au bond plein et 15 nœuds l’après midi au travers.
Après un nouveau routage, nous allons à nouveau changer de direction. C’est un peu déstabilisant, mais on jongle entre les fichiers météo et la dépression annoncée, notre vitesse et les allures.
Cet après midi c’est Uno il faut varier. Et comme on est dimanche ah zut lundi, c’est pas grave, nous avons eu deux repas du dimanche. Ce midi le dernier poulet de Mamie Joe et pâtes et pour ce soir, j’ai fait un pâté en croûte de pommes de terre, patates douces et petites tartelettes aux pommes.
Mardi 10 Mai :
Depuis le 6 mai nous avons parcouru 600 milles. Les distances sont tellement différentes. Je crois que j’aime vraiment les traversées en mer, où nous nous retrouvons seuls (enfin en famille) c’est des instants magiques, on prend le temps, jonglant avec le journalier et l’espace à la fois immense et si restreint. J’admets que je ne dirais peut être pas ça si on avait des conditions météorologiques catastrophiques.
Il nous reste 630 milles à parcourir avant d’arriver aux Açores.
11H Notre position N27°12,270 O57°59,352, nous avons parcouru 609 milles. Nous avons 15 nœuds de vent, nous sommes au travers et allons à 6.5 nœuds de moyenne. La journée est belle.
La lecture et les jeux de cartes restent nos occupations principales. Ce matin j’ai redonné un nettoyage à Helios, ça brille et c’est agréable. Comme on a du temps en navigation j’ai même astiqué les casseroles, il faut bien s’occuper.
Mercredi 11 Mai :
Journée toute tranquille, on poursuit notre route. Nos principales actions sont le réglage des voiles.
Jeudi 12 mai :
Journée très calme le vent baisse progressivement.
Vendredi 13 mai
Voilà une semaine que nous avons pris la route pour engager cette traversée retour. Notre journée et nos nuits sont de plus en plus rythmées par le vent et le changement de voilure. Nous jonglons entre un ris, deux ris j’enlève et je remets.
Ce soir nous voyons apparaître sur le fichier météo une grosse dépression qui s’installe plus que prévu nous optons pour changer de direction et retraçons sur le sud. Nous avons eu environ 18 nœuds de vent alors qu’il était prévu 11 nœuds.
Samedi 14 mai
Le vent baisse progressivement à nouveau, nous déployons toutes les voiles. Nous avons eu la visite d’un Cachalot pendant de longues heures ce matin, cela nous a bien occupé.
Après trois nouveaux routages et discussion avec Le Bateau Eglantine, nous optons pour reprendre route vers le nord. Nous aurons une nuit plus sportive pour ensuite nous retrouver derrière la dépression et éviter une grosse bulle sans air.
A demain pour le verdict.
Nous sommes à mi parcours
Dimanch 15 mai
La nuit a été effectivement ponctuée par des réductions progressives de voiles. Nous avons eu jusqu’à 30 nœuds de vent et avons terminé avec trois ris dans la GV et la trinquette. Aujourd’hui la journée est grise et il y a des vagues de 2,50m environ.
Lundi 16 mai :
Pas de vent une grande houle, 13h de moteur dans la journée
Mardi 17 Mai
Le vent est revenu dans la nuit, en force, nous avons eu jusqu’à 28 nœuds au petit matin. En moyenne 20 nœuds, sur la journée avec une mer bien formée. Une début de journée grise qui nous amène à faire un repas bien chaud et bien calorique, une tartiflette. Aria, qui est parti le mardi 2 mai, est à 350 milles de l’arrivée, ça donne envie. Je crois qu’on commence à rêver de l’arrivée.
A 14h30, nous décidons de tangonner le génois, on se prépare à la manœuvre. Manoeuvre pourtant maîtrisée, on n(est peut être sur le moment pas assez vigilant, Stéphane se prend la bôme. Le choc est violent, il tombe dans le cockpit inconscient, un premier réveil au bout de 5, 10 min et ensuite Stéphane part dans une série de convulsions. Ma réaction immédiate est de le mettre sur le côté, je guide Nora pour qu’elle fasse les premiers appels de secours à la VHF. Elle fait preuve d’une grande maturité. Tout le monde crie, pleure et l’angoisse monte à son plus au niveau. J’appelle les secours et enfin Stéphane revient à lui. Il ne comprend pas ce qu’il se passe, il est un peu agité, j’ai peur, peur que ça recommence, mais tellement contente qu’il me parle.
Tout s’enchaîne vite et à la fois tout est compliqué car nous devons à tout pris nous rapprocher des côtes, (nous sommes à 700 milles des côtes des Açores). Les services de soins nous appellent toutes les 2H pour faire un point. Je passe la nuit à veiller Stéphane. La nuit s’est bien passée, il a su se reposer et aucun symptôme dangereux n’est apparu.
Mercredi 18 mai :
Les médecins confirment toutefois la nécessité de faire un scanner au plus vite. Avec le CROSS, s’organisera une embarcation sur un cargo pour rejoindre au plus vite Horta, îles des Açores pour ensuite l’hélitroyer jusqu’à l’Hôpital de Terceira..
A 15h Le Fort de France s’approche de nous , les manœuvres sont compliquées et impressionnantes. Nous ne pouvons pas approcher du cargo au risque de casser le mât. Nous nous approchons le plus près possible et Stéphane part en annexe. Une fois monté à bord, il nous reste à récupérer l’annexe. Nora et Nael sont très aidants. Il y a un peu de houle, il pleut, un premier loupé on retente la manœuvre, la deuxième fois Nael a risqué de tomber à l’eau, le stress est présent. Nael se fait piquer par des méduses, très urticantes. Ça complique la donne.. Les marins du Cargo ont ligoté de gros bouts sur l’annexe avec des bouts,.. Bien entendu un bout très long traine, je coupe le moteur pour éviter qu’il se prenne dans l’hélice. L’annexe est très lourde, il est difficile de la remonter sur le bateau et tout ça sous une pluie qui s’est intensifiée. Brivan est là, Ils nous attendent. Florianne, une de leurs équipières, nous propose de nous accompagner. Sa proposition me touche, j’accepte et elle arrive avec nous. Sa présence permet aux enfants de passer à autre chose. Ils la questionnent, elle leur propose de jouer et on reprend la route ainsi.
Nael a marqué sur la carte le départ de Stéphane par un point.
Jeudi 19 mai
Voilà nous sommes partis avec un nouvel équipage pour les 500 derniers milles. Floriane, Nora, Nael, Noam et moi sur Hélios et le Bateau Brivan dans un rayon de 5, 6 milles.
Vendredi 20 Mai
Nous avons eu des nouvelles de Stéphane, tout va bien nous voilà plus sereins. Les enfants passent leur temps avec Floriane a faire des jeux de société ou de la cuisine.
Nous avons eu le plaisir de manger de bon petits plats grâce à notre cordon bleu (Floriane).
Samedi Dimanche 21, 22 Mai.
Nous poursuivons notre route soit sous une pluie battante, soit sous la brume, les rayons du soleil ont bien du mal à se faire une petite place.
Pour la dernière nuit l’excitation de l’arrivée est à son comble. Pas envie de dormir . A 23h le moteur nous fait un mauvais coup. La courroie casse, il chauffe le liquide de refroidissement, se retrouve dans le fond de la cale moteur. Nous avons eu l’assistance de Stéphane pour réparer. Le vent revient ouf, nous sommes contents de poursuivre à la voile.
A 3 h du matin, nous nous retrouvons à 2 nœuds. On n’avance plus, on se décide à remettre le moteur, au bout de 20 min, le liquide se retrouve à nouveau dans le fond de la cale. On capitule et on coupe . Obligation d’attendre gentiment que le vent revienne. Mais Bryan qui navigue avec nous, ne voit pas les choses ainsi et souhaite nous remorquer. La nuit est noire, je négocie pour que l’on attende un peu, au moins 5h du matin, que le jour se lève.
Mais Bryan préfère qu’on tente . Nous voilà à 4h du matin en train d’affaler les voiles et de préparer le remorquage. Nous avons ainsi terminé les 30 derniers petits milles .
Lundi 23 Mai
Arrivée à 11H30, une annexe du port arrive pour nous accueillir avec Stéphane et Sébastien à bord. Ils remettent tout simplement le moteur en marche, un à la commande l’autre au niveau du moteur pour remettre le liquide de refroidissement.
Les copains sont là pour nous accueillir, c’est sympa. Et que ça fait du bien d’arriver.

























